La Communication NonViolente et nos limites

Vous savez observer sans juger, accueillir un ressenti, relier à un besoin, formuler une demande. Vous avez peut-être suivi plusieurs formations, ou même transmis ce processus autour de vous. Et pourtant… il y a ces moments où tout se brouille.

  • Une réaction rapide, presque instantanée.
  • Une tension qui monte malgré vous.
  • Une fermeture.
  • Ou au contraire, un figement, une difficulté à parler, à penser clairement, à rester en lien.

Puis, après coup, cette lucidité : « Je sais faire autrement… mais pas à ce moment-là. » Si vous reconnaissez ces moments, vous êtes loin d’être seul·e. Et surtout, cela ne dit rien d’un manque de pratique.

La CNV : une qualité de présence avant tout

Comme l’a transmis Marshall Rosenberg, la CNV est bien plus qu’un processus de communication. Elle repose sur une qualité de présence intérieure : un état d’ouverture, de disponibilité et de sécurité.

Lorsque cet état est là, les mots deviennent simples. Ils ne sont plus une technique, mais l’expression naturelle de ce qui est vivant en nous.  Mais lorsque cet état n’est plus accessible, même brièvement, les mots ne suffisent plus. Dans ces moments-là, nous ne perdons pas la CNV. Nous perdons l’accès à l’espace intérieur qui la rend possible.

Quand le système nerveux prend le relais

Face à certaines situations, notre système nerveux perçoit un danger — parfois évident, parfois très subtil. En une fraction de seconde, il peut activer des réponses automatiques : attaquer, fuir ou se figer.

Ces réactions ne sont pas des erreurs. Elles sont des élans de protection, souvent anciens, qui ont eu leur utilité. Mais lorsqu’elles s’activent, elles prennent le dessus sur notre capacité de choix. Et il devient difficile, voire impossible, de rester dans cette qualité de présence que la CNV invite à cultiver.

Des empreintes relationnelles encore actives

Beaucoup de ces réactions prennent racine dans des expériences passées qui n’ont pas pu être pleinement accueillies. Il ne s’agit pas uniquement d’événements marquants. Parfois, ce sont des situations répétées, plus discrètes :

  • ne pas se sentir entendu,
  • devoir contenir ses émotions,
  • s’adapter pour préserver le lien,
  • se retrouver seul face à une intensité intérieure.

Dans ces moments-là, nous développons des stratégies d’adaptation précieuses. Elles nous permettent de continuer à vivre, à aimer, à appartenir.

Mais plus tard, dans certaines relations, ces mêmes stratégies peuvent limiter notre liberté : difficulté à dire non, à poser une limite, à rester en lien dans l’intensité… ou au contraire, tendance à se couper ou à s’effacer.

Une illustration

À 9 ans, Liliane est poursuivie par un chien. Elle court, hurle, puis se fige, submergée par la peur. Le chien finit par la pincer. Sa mère prend soin de la blessure physique, mais la peur vécue ce jour-là ne trouve pas d’espace pour être accueillie. Des années plus tard, adulte et formatrice en CNV, Liliane se surprend à crier sur des propriétaires de chiens, incapable de rester en lien dans ces moments-là.  Ce n’est pas un manque de compétence. C’est une empreinte restée active dans son système. Dans un cadre thérapeutique sécurisant, où cette expérience peut être ressentie, reconnue et accompagnée, quelque chose se transforme peu à peu. Le système nerveux retrouve de la sécurité… et avec elle, la possibilité de choisir.

 

Là où la CNV a besoin d’être soutenue

La CNV nous offre une boussole précieuse. Mais lorsque notre système est fortement activé, ce n’est plus seulement une question de compréhension. C’est une question de sécurité intérieure. Et cette sécurité se construit : dans le corps, dans le système nerveux, et dans des relations où nous pouvons être accueillis tels que nous sommes. C’est à cet endroit que certaines approches thérapeutiques viennent soutenir et approfondir la pratique de la CNV.

 

Un cycle d’accompagnement pour soutenir et approfondir la pratique de la CNV

C’est dans cet esprit que nous (Patricia Salgon, Lilian Cobo, Raphaël Tavares) avons créé un cycle continu sur 10 mois. Un espace pour : approfondir la qualité de présence, comprendre ce qui se rejoue dans les relations, et transformer les empreintes qui limitent notre liberté d’être en lien. Ce cycle s’adresse à celles et ceux qui ont déjà un cheminement en CNV ou en développement personnel, et qui sentent l’élan d’aller plus loin dans l’incarnation.

Un cadre sécurisant et structurant

Le cycle se déroule à raison d’un week-end par mois, dans un groupe continu. Ce cadre permet d’allier profondeur, sécurité et continuité. Il propose :

  • un cadre stable permettant l’installation progressive de la confiance
  • des sous-groupes de trois participant·es avec un·e accompagnant·e dédié·e
  • un suivi individualisé tout au long du processus
  • un travail d’équipe pour ajuster finement l’accompagnement

Une approche intégrative

Nous y croisons différentes approches complémentaires, au service de la présence et du lien :

  • la CNV, comme fondation vivante
  • la théorie polyvagale, pour comprendre et réguler le système nerveux
  • l’IFS, pour entrer en relation avec les différentes parts de soi
  • TIPI, pour accompagner la régulation des peurs inconscientes
  • la respiration transformatrice, pour soutenir la libération émotionnelle
  • les rêves éveillés, pour favoriser l’émergence de contenus profonds

Ces approches ne sont pas des outils à appliquer. Elles soutiennent un processus d’intégration, respectueux du rythme de chacun.

Se transformer dans la relation

Dans l’esprit de la CNV, la transformation se vit dans la relation.  Le groupe devient un espace où : les résonances apparaissent, les réactions peuvent être accueillies sans jugement, et de nouvelles expériences deviennent possibles. Ce qui, ailleurs, pourrait être vécu comme une difficulté, devient ici une porte d’entrée vers plus de conscience et de liberté.

Ce qu’en disent les participant·es

  • « Il y a un avant et un après. J’ai gagné en liberté d’être. »
  • « Je me sens plus stable et plus en sécurité dans mes relations. »
  • « Je peux rester en lien même dans des moments intenses. »
  • « Je me sens plus alignée, plus libre. »
  • « Ce cycle offre de nombreuses clés de compréhension des comportements de soi et des autres. Et aussi des « outils » concrets pour prendre soin de soi en autonomie »

Une invitation

Peut-être connaissez-vous ces moments où la CNV devient difficile à incarner. Peut-être sentez-vous qu’un pas supplémentaire est possible — non pas dans la compréhension, mais dans l’expérience.

Et si ces réactions n’étaient pas des obstacles… mais des invitations à rencontrer des parts de vous qui ont besoin de sécurité, d’écoute et de présence ?

Et si, en prenant soin de ces endroits, votre pratique de la CNV devenait plus stable, plus simple… et profondément vivante ?

Si cela résonne pour vous, nous serons heureux de vous accueillir dans ce cycle.

Pour en savoir plus : Patricia Salgon, Lilian Cobo