Pacifier notre rapport au temps et à l’argent · Actualités
« Je n’ai pas le temps »
Voici une phrase que vous dites ou entendez peut-être régulièrement. De fait, tout le monde a la même quantité de temps dans la journée : vingt-quatre heures.
C’est ce que nous en faisons qui nous différencie : choisir une heure pour le sport, c’est avoir une heure de moins pour les amis, la famille, le travail…
Dire « je n’ai pas le temps », revient à nier notre responsabilité d’avoir fait d’autres choix et à abandonner notre pouvoir d’en faire de plus alignés avec ce qui nous donne vraiment de la joie.
Bien sûr, si nous avons le luxe de pouvoir déléguer certaines tâches (ménage, cuisine, soin des enfants…), nous aurons plus de temps disponible pour en faire d’autres. La facilité avec laquelle nous avons accès aux ressources (argent, soutien…) a donc des conséquences importantes sur l’usage de notre temps.
« Je n’ai pas d’argent »
Est-ce vrai ? Souvent cela cache plutôt :
- Je ne veux pas en donner ou dépenser (pour ça) et je n’assume pas cet état de fait.
- J’ai tout dépensé, je n’en ai plus assez et je ne prends pas la responsabilité de mes choix, par exemple: Je viens d’acheter pour 150 € de jeux mais « je n’ai pas d’argent » pour payer l’électricité…
Pour avoir une vie sereine et épanouissante, sans acheter ce qui n’est pas vraiment nécessaire, combien d’argent nous est suffisant ?
L’argent est une chose que nous échangeons contre notre temps : XX heures par semaine pour YY euros. Sommes-nous en paix avec ce que nous en faisons ? Avec la quantité de temps de notre vie que nous échangeons ?
Une étude étalée sur soixante-dix ans montre qu’indépendamment de nos conditions de vie (santé, finances, etc…), notre bonheur dépend principalement de la qualité de nos relations. Et la CNV permet d’en prendre soin !
Notre argent nous donne aussi un pouvoir « politique » (au sens étymologique du terme : « qui concerne les citoyens, le collectif ») : acheter, c’est alimenter la production de certains produits et la pérennité de certaines marques et entreprises, qui peuvent prendre soin mais aussi parfois détruire la planète et les personnes… Nous pouvons donc choisir de mettre notre argent au service de la paix et du soin, plutôt que d’en faire une source de conflit ou de douleur.
Sortir du dilemme : explorer les options
Souvent, il s’agit plus d’une incapacité à choisir que d’un vrai manque de ressources. Vous hésitez entre plusieurs options et n’arrivez pas à choisir…
Prenons un exemple pour le temps, avec un choix qui peut paraître « petit », sachant que le même processus peut être appliqué pour les choix « importants », en prenant probablement plus de temps pour démêler.
« Ce soir, mon fils est enfin couché et j’ai très envie de finir cet article. Je suis fatigué et j’ai aussi envie d’aller me poser dans le lit avec le tome 3 de ma saga. Je n’arrive pas à choisir… ! »
La première étape consiste à prendre chaque option et à voir ses bénéfices.
Ici, l’une des deux options est : finir cet article.
« Cela fait deux semaines que j’ai ça en tête et que je ne le finalise pas, et j’y pense tous les jours, ça tourne en boucle…. J’ai vraiment envie de le finir car c’est une manière de diffuser la CNV et de soutenir les personnes qui le liront. »
- Besoins pris en compte : paix (« j’y pense tous les jours »), sens (« diffuser la CNV », « soutenir »)
- Sensations corporelles quand je me relie aux besoins pris en compte : détente dans les épaules, poitrine qui se gonfle, impression d’ancrage.
Voyons maintenant les bénéfices de l’autre option : lire mon livre dans le lit.
« Je suis fatigué, donc j’ai envie d’aller me poser sans rien faire. Et puis j’en ai plein la tête, donc m’évader dans mon roman d’aventures ça va me faire penser à autre chose, en plus de me faire rire ou de m’inspirer des idées pour des projets. Et j’ai très envie de connaître la suite de l’histoire… »
- Besoins pris en compte : Repos (« ne rien faire »), Paix (décharge mentale : « j’en ai plein la tête »)
- Sensations corporelles quand je me relie aux besoins pris en compte : détente musculaire globale, chaleur dans la poitrine.
Passer du « ou » au « et »
Dans l’exemple, il y a des besoins en commun (paix) pour les deux options. Il y en a aussi des différents (sens d’un côté, repos de l’autre). D’abord, il s’agit de reconnaître que tous ces besoins sont importants à prendre en compte. Même si, dans mon cas, j’ai clairement l’habitude de faire passer le repos après les autres…
Ensuite, voyons si émerge une solution qui prenne soin de tous ces besoins. L’évidence qui surgit : je vais prendre deux minutes sur mon balcon pour m’oxygéner et faire quelques mouvements pour me donner de l’énergie puis je vais me donner trente minutes au maximum pour finir l’article.
Après ça j’irai lire un peu avant de dormir. Ainsi, tous mes besoins sont pris en compte même si je vais mieux me reposer au lit que devant l’ordi…
Rappelons-nous que « prendre en compte » diffère de « satisfaire maintenant », donc différer un peu le repos fonctionne, si nous en prenons vraiment soin ensuite.
Sensations corporelles liées à cette solution : corps totalement détendu, chaleur dans le ventre et la poitrine. C’est doux. S’il y a de la tension ici, c’est qu’un autre besoin n’est pas pris en compte, donc que la solution est à ajuster.
Dans cet exemple il y avait deux options et leur examen a duré quelques minutes. Un plus grand nombre d’options prendrait plus de temps, mais pas tant que cela.
Parfois il est utile d’identifier les besoins qui ne seraient pas pris en compte par chaque option pour envisager les conséquences. Souvent, la clarté sur les besoins satisfaits suffit pour qu’émerge spontanément une solution évidente.
Si rien ne vient, vous pouvez demander des idées autour de vous, notamment aux enfants, car leur créativité est souvent plus libérée que celle des adultes !
Pour vous exercer
Vous pouvez penser à une situation dans laquelle vous n’arrivez pas à choisir comment utiliser votre temps ou votre argent et, pour chaque option, prendre le temps de vous poser la question : « Quels besoins je cherche à satisfaire en faisant ça ? », puis observer vos sensations corporelles.
Enfin, je vous propose de laisser émerger la solution et vérifier comment vous vous sentez.
En résumé…
- Le temps et l’argent sont des moyens, et non des besoins. C’est nous qui avons le pouvoir de décider ce que nous en faisons.
- L’argent s’échange contre notre temps de vie… quelle vie voulons-nous vivre ? C’est aussi un pouvoir politique : que voulons-nous soutenir, financer ?
- Pour sortir d’un dilemme, il est essentiel de regarder les besoins derrière chaque option. Quand tous les besoins sont clairs, une solution émerge souvent naturellement.
Si vous souhaitez approfondir sur ces thèmes
Christone Vincent organise 2 stages au mois de mai 2026 :
- Pacifier sa relation à l’argent, du 1er au 3 mai à Montbazin (34560, à 25 minutes de Montpellier).
https://cnvformations.fr/formations/stage-cnv-pks-pacifier-relation-avec-argent-1-3-mai-2026/ - Pacifier son rapport au temps, du 14 au 17 mai à l’Aérium à Arrigas (30770, à 1h30 de Montpellier). Ce stage inclut aussi de la Biodanza pour vivre cette thématique dans le corps.
https://cnvformations.fr/formations/stage-cnv-biodanza-pacifier-son-rapport-au-temps-14-17-mai-2026/