Vous percevez l’impact du processus de la Communication NonViolente (CNV) en vous et aimeriez appréhender davantage encore sa puissance ?

Voici quelques éclairages sur mon vécu et ma pratique de la transmission des Jeux de rôle de guérison tels que je les ai reçus.

Une rencontre dont l’impact se prolonge

Il s’agit de ma rencontre avec Hélène Domergue-Tappolet et d’autres « grandes Girafes », comme on les surnomme.

C’est au tout début de ma rencontre avec la CNV que j’ai découvert les Jeux de rôle de guérison. C’était en 2008. J’éprouvais une grande violence intérieure vis-à-vis de ma mère, dont le comportement avec ma sœur jumelle ne m’allait pas, plus du tout. Apprendre à dialoguer était urgent. Mais pour ce faire, encore fallait-il rester en lien !

Cet été-là, j’ai demandé à ma cousine de m’emmener dans les Cévennes afin d’y suivre un stage de CNV : je suis malvoyante et l’accessibilité est une vraie question…

Le stage résidentiel s’intitulait « Guérison des blessures de l’enfance » et il se déroulait en groupe avec des inconnus. Je n’avais jamais « travaillé » sur moi, j’avais l’intuition que ma participation à ce stage devait pouvoir nous aider, ma sœur et moi…

Hélène Domergue-Tappolet et Patricia Salgon coanimaient ce stage et c’est là que j’ai vécu mon premier jeu de rôle de guérison. Hélène avait pris le rôle de ma mère. Ce que j’ai ressenti face à elle m’a stupéfaite. J’ai enfin compris ce que vivait ma mère, la tête « dans son bocal ». Cela a ramené en moi un certain calme et, jusqu’à aujourd’hui, me permet de ne pas chercher à la changer et de me choisir pour me protéger.

Transmettre les Jeux de rôle de guérison « à ma sauce » est ma manière d’honorer le travail de Marshall B. Rosenberg 

Je crois qu’à ce jour, j’ai assisté à plus d’une centaine de jeux de rôles de guérison. Autant les stages de CNV m’ont aidée à sortir d’une forme de violence verbale, autant les quatre jeux de rôle que j’ai vécus pour moi-même m’ont permis de transformer mon être en profondeur en m’apportant une plus grande capacité à vivre ma paix.

Depuis 2013 (date où j’ai été diplômée en AI-CNV – Accompagnement Individuel avec la CNV), j’accompagne avec la puissance transformatrice de la CNV, et les jeux de rôle de guérison sont une pratique que je cultive. J’ai aujourd’hui à cœur de les transmettre. C’est ma manière d’honorer le travail d’intégration fait, et de donner à mon tour ce que Marshall B. Rosenberg m’a offert.

En 2022, après 10 ans de transmission en AH-CNV (Accompagnement de l’Humain avec la CNV), j’ai été assistante au stage Jeux de Rôle de Guérison du parcours A-Certif animé par Anne Bourrit et Pascale Molho, puis l’année suivante aux côtés de Vinciane Marlière. Depuis lors, je peux les transmettre dans les parcours reconnus par le CNVC.

Une magie et une puissance transformatrice que j’ai à cœur de faire connaître

Pour Marshall B. Rosenberg, deux choses contribuent essentiellement à la guérison de nos blessures : d’une part, c’est de recevoir de l’empathie dans le présent pour une souffrance liée à un événement passé ; d’autre part, c’est de pouvoir nous relier avec empathie à ce que vivait la personne qui a stimulé notre souffrance lorsqu’elle a fait ou dit ce qui nous a impacté.e.

Marshall B. Rosenberg préférait accompagner en personne les individus concernés. Mais cela n’étant pas toujours possible (distance géographique, décès, rupture de lien…), il a réalisé que les jeux de rôle de guérison offraient une alternative soutenante et étonnamment efficace.

Au début, quand je vivais des jeux de rôle auprès de mes trois sources d’imprégnation, j’étais fascinée. Maintenant, je sais que « ça » s’entraîne et s’apprend

Parfois, un jeu de rôle de guérison change des choses dans la relation sans qu’on sache trop comment. En voici un exemple : la relation entre mon père et moi n’était pas un long fleuve tranquille, nous avions du mal à nous entendre. Un peu avant Noël, une dizaine d’années après mon premier JRG, j’ai demandé dans une séance de thérapie à en refaire un avec lui.

Quelques jours plus tard, il vint me chercher à la gare de Bordeaux pour rejoindre la famille pour les fêtes. J’ai vécu avec lui dans la voiture un moment d’échange incroyable, comme jamais ! J’ai cru vivre un rêve. Nous avons pu aborder tous les sujets sur lesquels nous étions en discorde : le racisme, l’homophobie… et notre discussion d’une heure trente s’est faite dans une ambiance calme. Je l’ai vécu comme de la magie ! Telle peut être parfois la puissance d’un jeu de rôle de guérison.

De la nécessité d’acquérir des compétences d’écoute empathique et d’expression authentique au service de la relation 

Pour mener un jeu de rôle de guérison, il est important d’avoir des bases solides d’empathie et d‘éducation avec la CNV. Son déroulement se fait en deux grandes étapes – pour faire simple – et chacune requiert des compétences spécifiques à intégrer.

La première étape permet à la personne en souffrance d’être rejointe dans ce qu’elle vit.

Incarner un rôle demande d’avoir beaucoup de discernement et de capacité de « traduction » du paradigme ‘chacal’ à la conscience ’girafe’, comme on dit dans le jargon CNV.

En outre, l’accompagnant.e  acquiert une ouverture de cœur en humanité, car il.elle peut incarner parfois le rôle d’un parent auteur de violence sexuelle, d’un manager accusé de harcèlement, etc.

La deuxième étape consiste à offrir une expression authentique au service de la relation. C’est une étape clé qui demande d’avoir beaucoup de compassion et d’être capable de vivre des deuils.

En effet, l’accompagnant.e  incarne le plus souvent le rôle d’une personne qui n’avait pas pris en compte les besoins de son vis-à-vis. Ses actes avaient été commis avec ou sans conscience. C’est donc une étape délicate, car il.elle pourrait être tenté.e de se positionner en victime, par exemple. Il est alors fondamental que l’accompagnant.e traduise un langage victimaire en sentiments et besoins et reste en lien avec ce que son vis-à-vis est capable d’entendre ou pas.

En résumé, les jeux de rôle de guérison nous enseignent à pouvoir rester avec la souffrance d’autrui, quelle que soit la façon dont celle-ci se manifeste, et à pouvoir la traduire de manière entendable, c’est-à-dire en termes de besoins.

Une transformation collective possible ? 

Dans les stages, vivre des jeux de rôle de guérison nous transforme, que l’on fasse le travail pour soi ou qu’on en soit simplement témoin. On ancre en soi qu’il est possible de reconstruire un lien en vivant la relation comme non-violente et en acquérant une compréhension profonde de ce qui s’est passé pour l’une comme pour l’autre des parties en cause.

Le groupe qui assiste à un jeu de rôle de guérison participe, par son attention soutenante et empathique, à l’effet guérissant qui touche chacune et chacun à des degrés divers. On fait alors l’expérience collective de notre humanité commune et de notre interdépendance.

Les stages que je propose permettent de mieux orienter les personnes vers ce protocole et de développer les compétences pour les faire vivre. Alors, que vous soyez attiré.e, en formation d’accompagnement ou en chemin intérieur de guérison, prenez contact !

Béatrice Ray.

Prochain stage « Jeux de rôle de guérison » avec Béatrice Ray du 18 au 23 octobre 2026 à L’arbre du voyageur, St-Jean-de-Fos (34- Hérault).

Vous trouverez des informations complètes ici :

https://cnvformations.fr/formations/jeux-de-role-de-guerison/

et là :

https://www.cnv-certification.com/wp-content/uploads/2026/01/Programme-de-formation-JdR-de-guerison-26.pdf

NB : Ce stage est proposé dans le cadre du parcours de certification du CNVC ; il est également accessible à des personnes formées en accompagnement individuel, psychologues du courant humaniste, ou formées à la CNV (modules de base + auto-empathie + empathie). Si  vous ressentez un appel, contactons-nous ! (via les liens ci-dessus).