Les apports de la CNV sur la colère sont extrêmement précieux.
De mon point de vue, ils sont de plus en plus nécessaires dans la transition écologique et sociale que nous vivons.

Voici quelques points que je retiens de mon expérience :

1️⃣ Il y a des colères légitimes et saines :
face aux injustices sociales, à l’inaction climatique, à la destruction du vivant, aux violences diverses, au manque de moyens affectés au bien commun. des personnes ressentent de la colère.
La colère n’est pas le problème. Elle est un signal important que des limites sont atteintes.
💡 Nous avons à apprendre à dédramatiser et mieux comprendre la colère.

2️⃣ La colère est porteuse d’énergie :
oui, la colère peut s’exprimer de façon destructrice et violente, contre l’autre ou contre soi. C’est un mythe de vouloir exprimer calmement sa colère.
💡 La CNV donne des clefs essentielles pour vivre la force non-violente de la colère.

3️⃣ La colère n’est pas la violence :
nous confondons trop souvent la force, la puissance et la colère d’une part, et la violence d’autre part. Les unes expriment de l’intensité. L’autre détruit.
💡 Dialoguer avec intensité, dans le respect de l’humanité de chacun.e, ça s’apprend.

4️⃣ La colère n’est pas en lien direct avec des besoins :

parce que la colère est alimentée par des pensées, elle appelle une pratique spécifique, différente de ce qu’on apprend dans les formations aux bases de la CNV.

💡 Entendre ce que les colères révèlent de nos valeurs, besoins et désirs pour le monde ouvre des chemins de dialogue.

5️⃣ La colère peut mobiliser… ou faire fuir :
la colère peut donner le courage de dénoncer une injustice, de poser une limite et de réclamer des changements. Mais, exprimée sous forme d’accusations, d’humiliations ou de menaces, elle peut fermer les oreilles et renforcer les résistances.
💡 Il ne s’agit pas de parler moins fort, mais de chercher une parole plus juste et plus mobilisatrice.

6️⃣ La colère ne peut pas être réservée à celles et ceux qui ont le plus de pouvoir :
vivre des relations d’interdépendance, c’est accepter d’encourager l’expression et l’accueil de la colère de celles et ceux qui n’osent plus s’exprimer.
💡Accompagner la colère permet d’ouvrir un chemin pour faire grandir nos collectifs, le pouvoir d’agir de celles et ceux qui ont le moins de pouvoir.

7️⃣ La colère n’est pas qu’individuelle :
face aux questions environnementales et sociales, la colère n’est pas un sujet individuel et encore moins un problème psychologique.
💡 Nous avons à développer l’empathie systémique des colères qui concernent notre « nous ».

8️⃣ Dépasser l’entre soi sans s’épuiser :
les espaces pour accueillir nos colères dans des lieux sûrs sont utiles … mais insuffisants.
💡 Pour avoir plus d’impact, nous avons à développer des ressources pour poser nos colères de façon constructive dans des désaccords féconds.
💡 Pour prendre soin de ces ressources, les systèmes d’empathie qui accueillent la colère sans se confondre avec la sympathie sont précieux.

9️⃣ Une colère qui ne peut pas se dire en mots s’exprime en maux.
💡 Accompagner l’expression de la colère et de ce qu’elle protège est essentiel pour les personnes et notre vivre ensemble.

Je propose un stage d’approfondissement spécifique sur ce sujet « La colère dans la transition écologique et sociale », les 12 et 13 novembre 2026 et à la demande.
C’est par ici

Une petite vidéo que j’ai faite sur ce sujet :

Un article sur ce sujet sur la radio RCF : https://cnvformations.fr/la-colere-une-energie-de-vie/

Françoise Keller