CNV et Chant, la voix(e) du cœur · Articles & interviews
Entretien avec Karine Ducrot, formatrice CNV
On voit différents stages mêlant la CNV à des pratiques artistiques. Quel lien faites-vous entre la CNV et le chant ?
Pour moi, toute pratique artistique permettant une meilleure connexion à son corps, telles que par exemple la danse, le théâtre ou le chant, est au service d’une intégration de la CNV plus en profondeur.
La pratique de la CNV passe par le corps, sinon cela reste un processus intellectuel peu opérant. Marshall Rosenberg a été l’élève de Carl Rodgers en même temps qu’Eugène Gendlin, l’initiateur du Focusing, approche thérapeutique qui fait « parler le corps ». Marshall Rosenberg a été largement influencé par les travaux de Gendlin, et l’approche de la CNV les a implicitement intégrés.
La CNV nous invite à être attentifs à nos ressentis, porte d’entrée vers nos besoins, et à se connecter à ceux de l’autre. Parfois, certains participants à mes stages me demandent : « Mais comment savoir si j’ai trouvé le bon besoin » ? Mon corps le sait. Lorsque le mot que je mets sur un besoin entre parfaitement en résonance avec mon ressenti, il se produit un shift (déclic ), comme une détente.
La pratique du chant permet de développer une perception fine de son corps, comme d’autres approches artistiques et sportives d’ailleurs, et peut aider à intégrer cette dimension corporelle de la CNV.
La spécificité du chant, c’est que nous travaillons sur la voix, en lien direct avec le souffle, qui montre sans fard notre état émotionnel. Nos émotions transforment notre voix, on le voit bien lorsqu’on est fâché ou triste, on a une voix un peu rauque ou chevrotante.
En travaillant le chant, on va souvent imiter des émotions. Et pour cela, on va observer comment elles peuvent être reconnaissables en parlant ou en chantant.
C’est donc un excellent terrain de jeu pour un travail sur les émotions.
En quoi la CNV peut-elle être au service du chant ?
Je pratique le chant lyrique en amateur depuis une vingtaine d’années maintenant, la CNV depuis un peu plus de 10 ans.
La CNV m’a beaucoup aidée dans ma pratique du chant. En étant plus alignée, la voix est plus posée. La CNV m’a également permis de traduire mon armée de « chacals perfectionnistes » (jugements intérieurs) qui pointaient le moindre défaut. Cela m’a permis d’aller plus loin dans ma pratique vocale et d’y prendre beaucoup plus de plaisir. La CNV m’a aidée à mieux m’accepter, accepter ma voix et dépasser certains blocages.
Quelle est votre intention en proposant un stage « CNV et chant » ?
Ce stage sera l’occasion de faire un travail sur le corps, sur l’écoute de l’autre, sur les émotions, par l’intermédiaire du chant.
Le cas échéant, nous pourrons travailler sur certaines croyances limitantes liées à notre façon de chanter, à notre voix : « je chante faux », « je ne sais pas chanter », « ma voix n’est pas belle », etc…
Véronique Bourin, professeur de chant, qui co-animera avec moi, proposera de travailler sur différents répertoires, avec, entre autres, un chant Renaissance qui est sa spécialité. J’ai découvert ce répertoire grâce à elle, très propice au jeu théâtral et au travail sur les émotions !
Ce sera aussi l’occasion de vivre la joie de la connexion aux autres, à la fois par la CNV et le chanter ensemble.
Vous pouvez cliquer ici pour en savoir plus sur les prochains stage « CNV et Chant ».
Illustration fabriquée d’après une idée de Karine Ducrot, avec la complicité de l’Intelligence Artificielle